Le top 10 des startups dans le voyage

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La frénésie des startups s’est emparée de la France : elles sont des milliers, 6500 environ, sur le web, le mobile, ou hors le web et le mobile, parfois farfelues (Chronodrive), souvent aux noms étranges (Adikteev, Boaterfly, Dynadmic, Fasterize, Feeligo, Fitizzy, FindzieFitle, Happn, IfeedforU, Improveeze, Neotiate,  Seevibes, Shoptimise, Vigiglobe, Wibilong) ou originalement décalés (4 Roues sous un parapluie).

Rien que dans le travel, il y a actuellement plus de 800 start-ups, bien que l’annuaire des start-ups du Welcome City Lab, l’incubateur parisien dédié aux projets touristiques, ne contient que 274 (octobre 2015).

Et puisque nous, TheTravelExperts, nous nous considérons aussi comme une startup, nous avons voulu savoir que font nos confrères et comment font-ils ?

Mais, d’abord, qu’est-ce qu’une start-up ?

C’est une petite graine à fort potentiel de croissance et qui fait, la plupart du temps, l’objet de levée de fonds. Le plus souvent c’est dans le B2C ou C2C que ça se passe, le B2B est moins populaire. Récemment à une conférence d’entrepreneurs, des investisseurs ont même clairement dit que le B2B ne les intéressait pas… Eh oui, ça peut se comprendre, les volumes restreints du B2B – quelques milliers de « consommateurs » face à l’énorme océan de millions consommateurs du B2C et C2C… Bien que l’histoire récente de entrepreneuriat connaît quelques exemples de percées notoires dans le B2B comme Netjets, par exemple, dont nous parlons dans notre article sur la Stratégie Océan Bleu.

Celles qui réussissent, sont les startups qui ont su répondre à un vrai besoin d’un usage courant et qui, surtout, ce sont posées LA question : quel problème consommateur je résoud avec ma start-up ?

Quelle est la durée de vie en moyenne d’une start-up ?

En fait, soit une startup grandit grâce aux levées de fonds et se transforme en entreprise « normale », soit elle se meurt faute de levées de fonds. Tout dépend de la ténacité, la persévérance, l’entêtement, voire la génie de son créateur qui tel un Don Quichote brave tout : les critiques, les découragements de ses proches, l’investissement matériel, l’épuisement physique et mental, les doutes…

Si on fait les statistiques de l’incubateur HEC par exemple, 33 startups sur 120 incubées en 7 ans se sont arrêtées en chemin, soit 28%, presque 1 sur 3.

Plusieurs médias et des blogs spécialisés dans l’actualité des startups et de l’entreprenariat ont aussi vu le jour :

Les concours de startups se sont aussi multipliés et l’on est littéralement perdu, tellement l’offre est abondante.

Et dans le travel ? Quelles sont les meilleures startups, sur quelles tendances surfent-elles ? Sont elles des créations originales ou des créations inspirées ? Ou les deux ? Parce que si on veut créer une startup dans le voyage, il suffit souvent juste de s’inspirer de ce qui marche déjà, aux Etats-Unis ou en Europe. Si le grand Picasso a prononcé une phrase aussi iconoclaste que celle-ci : « Un bon artiste copie, un grand artiste pille », pourquoi pas nous ?

 

SURFER SUR LES 7 TENDANCES TRAVEL LES PLUS EN VOGUE

 

  • La sharing economy, toujours ! – voir à ce sujet  notre article.  La grande mode aujourd’hui : l’échange d’apparts et l’autopartage : housetrip, Drivy, tripndrive… la liste est longue !
  • Le collaboratif et la création de communautés de tout genre : toujours et encore comme le réseau social des voyageurs Mon Nuage, des frequent flyers, des  solos, des retraités… Et en marge de cette tendance : le partage des bons plans, des idées de sorties : TripnCo.
  • L’authenticité : la recherche des expériences authentiques, la rencontre des gens locaux, des métiers, de la France : Evanela, RendezVousChezNous, Good Spot, Selectrip, La Route des Gourmets, Parisianist, Cookening et Formeetable… La liste est longue !
  • Le contre gaspillage, les achats raisonnés, les économies : Simpki
  • La conciergérie – BnBsitter, le service d’accueil pour les locations courte durée (qui a levé 400 000€)
  • Le développement durable, l’écologie avec Simpki ou Wattmobile, par exemple.

Et quelques tendances plus marginales comme le yield management avec PriceMatch ou la recherche de l’instantanéité avec Tu Fais Quoi (le site a été fermé en 2016) qui vise la génération spontanée venue remplacer la génération futée…

Une tendance forte, que nous n’avons pas vue dans le tourisme, est le « recommerce », i.e. la remise en commerce, comme par exemple la vente d’articles d’occasion, à l’instar de la startup Patatam ou Too Short, dans le domaine des vêtements d’occasion pour enfants. Ou encore Simone Lemone qui transforme les produits écartés de la chaîne alimentaire (fruits et légumes de calibres non standard, mais parfaitement bons) en plats équilibrés et gourmands à un prix raisonnable (et qui a remporté, en octobre 2014, le prix Coup de cœur du concours national Biilink-Caisse d’Epargne) : un recyclage alternatif des 3 millions de tonnes de fruits et légumes jetés chaque année en France pour des raisons purement esthétiques.

 

NOTRE TOP 10 DES STARTUPS TRAVEL

Nous avons selectionné 10 startups travel, de façon tout à fait subjective, d’après nos critères comme :

  • l’incarnation du sens
  • la rentabilité
  • la réalisation d’une idée inspirée d’un usage répandu ou d’une irritation, d’un miniscule ou grand problème non résolu au quotidien
  • l’esprit solidaire
  • l’esprit économique (anti gaspillage)
  • la non-gadgétisation.

Sont exclues ici les startups qui ont perdu leurs statut de startups soit parce qu’elles existent depuis plus de 10 ans, soit parce qu’elles se sont transformées en entreprises « normales » comme AirBnB, Blablacar ou Evaneos.

Dans le C2C (Consumer To Consumer)

  • Nightswapping (« Make the world your home”) ou « échange de nuits » en français : un site vraiment futé de troc de nuits entre particuliers. C’est AirBnB en encore mieux : on paye ses nuitées par « Nightswapping », i.e. en troc de nuits. Il suffit d’héberger des membres chez soi pour gagner des nuits afin de pouvoir les utiliser chez d’autres membres.Pour respecter l’équité, un algorithme évalue chaque logement dans un standing de 1 (petite chambre) à 7 (logement d’exception) et permet de convertir automatiquement les nuits acquises. La nuitée devient une monnaie virtuelle. Pas d’échange d’argent, ce qui évite les problèmes de paiement et de fiscalité.Depuis son lancement en janvier 2014, la plateforme a réussi d’attirer 110 000 utilisateurs (octobre 2015) majoritairement dans la fourchette de 25-35 ans.Nightswapping se veut différent des sites comme Home Exchange et Love Home Swap dans le sens où le propriétaire est dans sa maison pendant la location. D’après Nightswapping, le plus grand bénéfice que les  utilisateurs voient dans leur service est de rencontrer des gens qui ont vraiment envie que vous logiez chez eux. C’est “donner et recevoir” (give and receive concept), pas seulement gagner de l’argent.Nightswapping est traduite en 7 langues, présente dans 160 pays. Son business model : pour tous les NightSwap confirmés, peu importe la durée du séjour, les frais de reservation sont de 9,90€ (et de £9.90 en pounds britanniques soit l’équivalent de 13,80€). Aussi, les NightSwappers qui n’ont pas cumulé suffisamment de nuitées parce qu’ils n’ont pas logé assez de membres chez eux, peuvent acheter des nuits au prix allant de 9,70€ à 68€ (entre £7 et £49) suivant la note du logement, de 1 à 7. Les frais de réservation et l’achat de nuitées sont encaissés par NightSwapping. Il n’y a pas d’échange d’argent entre les membres. Nightswapping offre gracieusement la photographie des logements dans de nombreuses villes. Levée 2 millions d’euros en 2014.
  • Weeleo (application mobile) : l’idée est excellentissime, c’est tellement simple et évident que l’on se demande comment on n’avait pas pensé avant soi-même. Partant du constat d’un usage, voilà l’idée mettre en relation des particuliers dans le but d’échanger des devises de la main à la main, au taux du jour, gratuitement et sans taux de change. Weeleo a levé 750 000 dollars.

 

  • Les Covoyageurs ( ou TripTogether)  : des voyages à partager entre solos, pour célibataires et familles monoparentales, une sorte de mariage entre “meetic” et les voyages. C’est vrai, il fallait y penser aux âmes solitaires qui recherchent tout de même de la compagnie. Pastaparty a bien été un précurseur autour des spaghetti, pourquoi pas les voyages ?

 

Dans le B2C (Business to Consumer)

  • GlobeDrop.org : une startup sociale à but non lucratif, financée par des programmes de mécénat, a été lancée en juin 2014 par trois jeunes passionnés de voyages – pour voir une courte vidéo de présentation, cliquez ici.
    GlobeDrop donne du sens à l’expérience touristique dans l’esprit d’une économie solidaire. Sa plateforme web gratuite met en relation voyageurs et ONG dans le monde entier et permet d’organiser des rencontres avec les orphelinats, les associations de terrain qui croiseront un itinéraire touristique. Le but est de leur apporter en mains propres des dons matériels : nourriture, livres, médicaments. A ce jour, une soixantaine d’ONG locales sont déjà référencées sur le site, principalement en Asie, en Afrique et en Amérique Latine. Les ONG partenaires mettent régulièrement à jour leurs besoins sur GlobeDrop. Ainsi, les voyageurs peuvent identifier rapidement les établissements sur leur lieu de séjour. La seule ambition de GlobeDrop est de faire grandir sa communauté de donneurs.

 

GlobeDrop

 

 

 

  • Simpki : pour la la promesse d’optimisation du budget vacances et week-ends en se basant sur des offres non traditionnelles comme les locations saisonnières entre particuliers, à travers des sites CtoC (Housetrip et 9flats.com), la combinaison des solutions classiques et alternatives pour le transport, comme que le covoiturage et la location de voitures entre particuliers. La start-up propose aussi un système de recherche inversée, soit “sans destination prédéfinie”, avec un budget donné.
  • Wingit, “Discover great events happening now & nearby” : pour le fun et l’innovation techno (algorythme), c’est une application mobile, disponible sur AppStore qui permet de savoir immédiatement ce qu’il se passe en proximité. Présents dans quatre capitales mondiales, Paris, New York, Londres et Tel Aviv.

Dans le B2B (Business to Business)

  • PriceMatch, “Smart Prices” : pour la prouesse algorithmique et l’excellente idée de faciliter et démocratiser le Revenue Management pour les hôteliers en proposant des recommandations de prix et mises à jour quotidiennement, pour les 90 nuits à venir, afin de maximiser leur RevPar.
  • Wattmobile (levée d’1,2 million d’euros), fondée en 2010, propose un service d’éco-mobilité auprès de professionnels ou des particuliers. Une offre de services qui doit servir à couvrir l’ensemble des déplacements des professionnels et des particuliers sur le marché de l’autopartage avec des véhicules électriques (Twizy et scooters électriques) en libre-service en gares dans des stations ouvertes.
  •  Bird Office qui surfe sur le collaboratif version B2B, plutôt rare : la location par les entreprises de leurs bureaux inoccupés à des tiers pour faire des réunions. Une excellente idée lancée déjà en 2007 par  Bureaux A Partager (BAP).

 

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous repéré des startups travel innovantes, originales, inspirantes ?

Notez les dans les commentaires ci-dessous.

 

 

 

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