Marketing des destinations : 21 outils pour attirer des touristes

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Article publié en 2015, mis a jour en juin 2016 et septembre 2017.

Pour attirer des touristes vers un pays, région ou ville, il existe plusieurs stratégies, canaux et outils de ce que l’on appelle marketing des destinations. Une approche rapide permet de les catégoriser en :

  • B2B, B2C et B2B2C
  • ATL (above the line) et BTL (below the line) ou media et hors media
  • Push et Pull.

Peu importe comment on appelle ces catégories, suivant les différentes écoles et théories de marketing, ce que l’on fait, habituellement, est de faire un mix 360° dosé de tout en fonction du budget.

Avec un budget modeste, on oubliera la pub sur les grands médias de l’ATL : la télévision, la radio et l’affichage 4×3, au moins que l’on soit très créatif dans l’art d’établir des partenariats et la diffusion ses messages.

 

If you don’t measure it, you don’t manage it

Dans tous les cas, il est essentiel de surveiller les indicateurs de performance, les fameux KPI (key performance indicators) parce que, comme aiment dirent les anglo-saxons, « If you don’t measure it, you don’t manage it ». On mesure donc tout pour mieux le manager.

Les plus significatifs des KPI globaux seraient, sans doute :

  • le nombre des touristes français que la destination a attirés
  • le delta avec les années précédentes, i.e. pourcentage d’augmentation ou de diminution
  • la durée moyenne des séjours
  • la dépense moyenne par touriste
  • le profil socio-démographique des touristes (plutôt, jeune, famille, seniors etc.)
  • les consommations les plus récurrentes etc. etc.

Pour chaque canal et outil, il y a aussi des KPI spécifiques.

Pour une newsletter, ce sont le taux d’ouverture, le taux de clics, le taux de “bounced” (e-mails non aboutis), le taux de désinscrits.

Pour un site web : le nombre des visiteurs uniques, le taux de rebond. Pour un workshop : le nombre des participants, le budget dépensé par participant, le pourcentage de “no show”. Pour une pub en display en ligne : le nombre d’impressions, le nombre de clics etc.

On ne soulignera jamais assez l’importance des mesures, leur analyse et surtout, la rectification qui s’impose suivant les résultat. Un outil qui a des KPI décevants sera tout simplement supprimé, modifié ou remplacé.

Ca se complique un peu quand on veut mesurer l’intangible, les perceptions qu’ont les gens de la destination, l’image publique. Dans ce cas, il n’y a pas mieux qu’un panel de professionnels et de consommateurs que l’on interrogera tous les ans, en le renouvelant à 30%.

21 outils du marketing des destinations

Faisons un panorama de ces outils, en y incluant 2 des 4P (produit-prix-publicité-promotion) : la Pub et la Promo.

Voici les 21 outils les plus utilisés, illustrés par des exemples observés sur le marché français.

 

Outils B2B

1. Le workshop et le roadshow

Formule classique !  Les workshops ne sont rien d’autre que des formations sur la destination en présentiel d’une demie journée ou d’une journée entière. Les roadshows, dans les principales villes en France, sont soit une série de workshops, soit des soirées de promotion où l’on va mêler des messages pédagogiques sur la destination avec de la musique, un tirage au sort, un buffet ou un cocktail (e.g. l’ONT de la Nouvelle Calédonie, par exemple, a préféré, en 2015, dédier son budget promotionnel à un roadshow dans quelques grandes villes françaises que de tenir un stand au salon IFTM).

Pour monter un workshop, le plus souvent on met en place un partenariat avec la compagnie aérienne nationale, des hôteliers, des tour-opérateurs, des réceptifs, des attractions. Les lieux pour organiser les workshops – très importants si on veut attirer des participants – sont variés, allant d’une péniche sur la Seine (e.g. ONT Namibie), à l’ambassade du pays (e.g. OT Espagne) ou le palace parisien (e.g. l’Office de Tourisme du Sultanat d’Oman a choisi Shangri-Là à Paris pour son workshop annuel, organisé conjointement avec le Ministère du Tourisme et 23 partenaires omanais). Ou encore le Salon des Miroirs à Paris 9ème, choisi par l’OT VisitBritain pour organiser son dernier workshop qui a réuni 26 partenaires britanniques (transporteurs, réceptifs, hôtels, attractions et offices de tourisme nationaux).

Les offices du tourisme organisent des workshops tous les ans ou tous les deux ans (OT VisitBritain).

Le roadshow couvre habituellement 4 à 6 grandes villes en France. Le roadshow des Maldives, par exemple, était sur 4 jours,  dans 4 villes françaises, avec la présence d’une quinzaine de partenaires, hôteliers, compagnies aériennes, réceptifs des Maldives :
Paris à La Maison Champs-Elysées
Lyon sur Les Terrasses du Parc
Marseille au Mercure Marseille Centre Vieux Port
Bordeaux au Palais de la Bourse.

Chaque workshop se déroule de la manière suivante : accueil à 18h30, rencontre de table en table avec les partenaires pour échanger et découvrir les nouveautés, cocktail dinatoire de 20h00 à 22h00. C’est la formule très courte !

Avantages : contact direct entre producteurs et distributeurs. Un workshop peut attirer plus de 200 professionnels intéressés par la destination.

Désavantages : le prix élevé à la fois en termes de coûts de logistique (privatisation d’un lieu adapté et pertinent, au moins que l’ambassade de la destination ait la possibilité et la volonté de “loger” le workshop), publicité et nombre de personnes impliqués dans l’organisation.

 

2.  Le challenge de vente

Deuxième grand classique de la promotion d’une destination, sur le principe de l’événementualisation : pendant une courte période, souvent sur un registre ludique. Le challenge de vente peut être lancé par un tour-opérateur pour booster ses offres sur une destination (comme Vacances Transat pour l’Océan Indien), ou par l’office de tourisme avec une compagnie aérienne (comme l’OT Massachusetts et American Airlines).

Challenges des ventes

Ou encore en partenariat exclusif de l’office de tourisme avec un media B2B. On peut encore innover ici, en mettant en avant, en vidéo par exemple, le directeur de la destination, comme l’a fait Jean-Pierre Pinheiro, directeur de l’ONT du Portugal. Une formule payante qui fait penser à Alain Afflelou, le distributeur de lunettes, qui se met lui-même en scène pour faire la promotion de ses magasins et produits.

En 2 mois, la vidéo de Jean-Pierre Pinheiro a été vue 200 fois sur Youtube.

 

 

3. La soirée « pure souche RP » [RP=Relations Publiques]

Les soirées “relations publiques” sont souvent organisées à l’ambassade (e.g. Espagne, Egypte), à l’Office du Tourisme lui-même quand il dispose des locaux appropriés (e.g. Italie). Ou dans un grand hôtel (e.g. ONT d’Oman pour son 10ème anniversaire) ou une boîte de nuit (e.g. ONT d’Israël, soirée branchée).

Parfois, ces soirées RP se font autour d’un dîner original, dans un restaurant, comme l’ont fait les représentantes du Québec Maritime et du Nouveau Brunswick en France. Elles ont invité une cinquantaine d’agents de voyage au restaurant parisien «Les Pinces» pour déguster un homard à la canadienne, tout en leur faisant une présentation de leurs destinations.

Une autre idée : la soirée RP dans un musée avec des visites privées des collections et des expositions temporaires. Ce qui ont fait les ONT d’Espagne et la Catalogne, dans le Musée Cluny à Paris. A tour de rôle, en petits groupes, les invités ont eu le privilège de visiter l’exposition sur l’art de voyager dans le Moyen Age. Et de continuer ensuite à networker autour les buffets somptueux d’un cocktail dînatoire.

L’ONT de la Croatie a judicieusement utilisé l’avant-première du film « En amont du fleuve », tourné en Croatie, pour faire une soirée de promotion de la destination. L’office avait privatisé une des salles d’UGC Ciné Cité Les Halles à Paris. Le film devait inciter les spectateurs d’aller au-delà des images, à la découverte des parcs nationaux croates.

 

 

4. L’éductour ou le famtrip

C’est son doute l’outil le plus coûteux à mettre en place et le plus convoité par les agents de voyages. En fonction des montages de budgets, ces voyages d’étude peuvent être pris en charge à 100% par les partenaires (Office du tourisme, compagnie aérienne, hôtelier, réceptif ou tour-opérateurs non concurrents) ou en partie, la plupart du temps le transport aérien, plus compliqué à gérer, reste à la charge des participants.

 

5. Offres de séjours spéciale agents de voyages

Ce sont des offres à des prix très bas, réservées uniquement aux agences de voyages, souvent fait en montage entre l’office de tourisme, une compagnie aérienne et un hôtelier. Comme par exemple cette offre d’une semaine à 170 € par personne de l’Office de Tourisme de Chypre, associé à Aegean Airlines, destinée uniquement aux agents de voyages. Vol et hébergement en formule petit-déjeuner compris. L’offre est valable pour des séjours entre le 1er novembre et le 16 décembre 2015 et entre le 11 janvier et le 25 mars 2016.

 

6. La publicité dans les titres de presse spécialisée tourisme B2B, papier et online.

Sans rentrer dans le débat sur la performance et la rentabilité des relations publiques/presse versus la publicité, je dirais juste que la publicité a toujours sa place dans la construction d’un mécanisme cohérent de branding. La marque a besoin de vivre de toutes les façons et la publicité en fait partie.

Avantages de la presse B2B :

  • le nombre limité de titres, une vingtaine pour le tourisme en France, off et online confondus
  • le prix abordable
  • les formats diversifiés (mêmes que ceux des titres B2C) : publireportage, jeté, etc.
Tunisie pub

Ici : une publicité de la Tunisie dans L’Echo Touristique, version papier.

 

7. L’e-learning

L’e-learning a connu une époque de gloire, beaucoup d’offices de tourisme ont créé des modules d’e-learning connaissant des succès variables. Depuis peu, l’e-learning est progressivement détrône par les MOOC (Massive Open Online Course) et les SPOC (Short Private Online Course).

Plusieurs destinations ont créé des sites Internet dédiés à l’apprentissage à distance :

  • Module e-learning pour les agents de voyage de la Nouvelle Calédonie : http://www.caledonie-learning.com
  • “Les Etoiles d’Oman” de l’Office de Tourisme du Sultanat d’Oman
  • Qatar : le programme Tawash est composé de 5 modules rédigés en Français et se valide avec 70% de bonnes réponses minimum. En bonus de l’obtention de la certification Tawash : à gagner des places sur un éductour au Qatar et pour des matchs du PSG.
  • Crète etc.
Qatar e-learning Le Crète e-learning

 

8. Le concours, le jeu

II y en a tous les jours ! Dans le tourisme, on aime jouer.

Un exemple : le concours photo “La Nouvelle Calédonie vue par les agents de voyages”. Pour participer, les joueurs devaient s’inscrire sur le site et publier une photo de la Nouvelle Calédonie. A gagner : un lot Smartbox pour 2 personnes. 5 fois x 3 gagnants et 5 remises de lots en 2014.

  • 1er prix : Châteaux et saveurs (1 nuit + diner+pdj) à 239,90 €
  • 2eme prix : Voyage insolite (2 nuits + pdj) à 139,90 €
  • 3eme prix : 3 jours de break (2 nuits +pdj) à 119,90 €

9. Offrir une vitrine aux tour-opérateurs et agences de voyages sur le site de l’Office du Tourisme

Comme l’a fait Visit California, par exemple : sur un outil spécialement conçu et adapté aux douze bureaux de représentation dans le monde, les tour-opérateurs BtoB et BtoC peuvent mettre en avant leurs produits en chargeant eux-mêmes leur contenu sur le portail qui leur est réservé.

Il y a une motivation très pragmatique derrière cette initiative : le site de Visit California étant très inspirationnel, l’office a éprouvé le besoin d’y ajouter du pratique. Quand les internautes sont convaincus de vouloir partir en Californie, il faut qu’ils soient aidés à concrétiser leur voyage et ainsi atteindre le but d’augmenter le nombre d’arrivées touristiques.

C’est une excellente initiative qui donne une vitrine consultée par des milliers de Français (plus de 400 000 visiteurs uniques et en 2014) aux quinzaine de voyagistes qui vendent la Californie en France, ainsi qu’aux agences qui montent leur propre production. Même les tour-opératuers qui ne travaillent qu’en BtoB ont intérêt à être visibles du grand public : il leur suffit d’indiquer sur le site que leurs produits sont disponibles en agence de voyages.

Pour lire l’interview avec Murielle Nouchy, directrice de Visit California en France, cliquez ICI.

 

Outils B2C

1. La création de contenu

La création de contenu, grâce à l’édition d’un blog, est un des fondamentaux pour toute communication B2C. Editer un blog est fastidieux, mais aussi très avantageux car un blog en étant en permanence sur le web attire des lecteurs grâce aux moteurs de recherche. En plus, ce contenu est démultipliable sur les réseaux sociaux à travers des posts adaptés pour LinkedIn et Facebook, photos sur Instagram et Pinterest, tweets sur Twitter…

De plus en plus de destinations ont saisi l’intérêt d’un tel outil, à l’instar de Suisse Tourisme et Vaud – Région du Léman qui lance au début de 2016, en partenariat avec Courrier international, une initiative originale : l’Office du tourisme invite ses futurs blogueurs à un road trip de 5 jours sur ses terres après une formation au blogging. En contrepartie, les blogueurs publient les récits de leurs voyage sur le site de l’Office du tourisme et dans “Courrier international”.

2. Faire campagne dans les grands médias et les medias sociaux

Cela représente un budget conséquent, peu de destinations peuvent se le permettre aujourd’hui dans un contexte continu de crise. Pour une semaine d’affichage, par exemple, sur les quais du métro parisien, il faut compter 100 000 euros rien que pour l’achat d’espace. Au moins que cette campagne est faite en association avec des professionnels du tourisme : des offices de tourisme régionaux ou des villes, des transporteurs, des chaînes hôtelières, comme le fait par exemple Atout France dans sa dernière campagne #FEEL (printemps 2017) – cf une brève présentation de cette campagne plus bas ici, dans la partie “Outils B2B et B2C”

 

Une destination comme la Bulgarie a pu lancer une campagne sur la télévision, grâce à des fonds de financement européens de 2,5 M€ pour la diffusion des spots publicitaires, en 3 vagues d’une durée de 8 semaines chacune, sur 4 chaînes TV majeures : National Geographic Channel (458 millions de foyers dans 173 pays), Euronews (419 millions de foyers dans 156 pays), Discovery Channel (97 millions de foyers) et Eurosport (15 millions de spectateurs dans 54 pays). Les spots, en allemand, français, anglais, russe et bulgare, sont diffusés en heure de grande écoute. Une initiative payante puisque récemment une amie m’a dit qu’elle avait vu un de ces spots et il lui a donné envie de visiter le pays.

La Malaisie, de son côté, fait de la publicité dans L’Express (plus de 400 000 exemplaires/semaine).

 

Malaisie dans L'Express

 

L’affchage, 4×3 outdoor ou dans le métro, est un moyen puissant de toucher énormément de gens.
Brunswick, “L’autre province du Canada” s’est donné les moyens pour le faire. Voici leur pub dans
les couloirs du métro parisien :

Acadie Brunswick

 

Ou encore, une pub de la Corse, de façon indirecte, à travers l’édition
d’un guide, vue dans le hall de la gare de Montparnasse à Paris :

Corse pub

 

3. Utiliser la « star system »

Inviter des célébrités qui vont ensuite parler de la destination dans les grands médias. La reine de l’usage de la “star system” est sans aucun doute l’île Maurice. Au-delà des campagnes de relations publiques intelligentes, l’île fait preuve d’une vraie stratégie de positionnement qui a porté ses fruits et fait partie aujourd’hui des cas d’école.

Le Ministère du tourisme bulgare a aussi fait appels à des stars internationales. Salma Hayek, Antonio Banderas, Adrien Brody, Sylverster Stallone recommandent la Bulgarie dans un vidéo clip de promotion du Ministère du tourisme bulgare. La gentillesse des gens, la nature, le vin et la nourriture, les conditions excellentes de tournage de films et le professionnalisme… autant d’arguments mis en avant. Le clip a été produit grâce à un partenariat privé-public avec l’ambition de changer la perception du pays en tant que destination de tourisme. “Bulgaria is the place to be”.

 

4. Faire des partenariats futés et ludiques

Plusieurs formules existent dont voici deux exemples :

  • Faire un partenariat avec une émission radio ou TV, comme la Turquie qui a été sponsor de la météo sur France3 pendant un mois.
  • Monter un quadruple partenariat, sur le principe de l’événementialisation (durée limitée), entre une destination (la Mongolie), un tour-opérateur (Asia), une nouvelle génération de lodges écologiques (Cannes) et un éditeur (Le Livre de Poche).
    <sd<<sssss

 

Mongolie partenariat

 

 

5. Avoir un blockbuster sur la destination

Le best seller qui attirera l’attention sur une destination peut être un livre, un film ou une émission TV.

Quelques exemples notoires :

  • Le livre Da Vinci Code de Dan Brown et le film ont boosté de façon extraordinaire les visites du Louvre et de Saint-Sulpice à Paris.
  • Le film “Game of Thrones” a mis un coup de fouet au tourisme en Europe. La série a été tournée en Islande, Irlande du Nord, Espagne, Croatie. Selon le Times, le retombées économiques pour l’Irlande du Nord s’élèvent à 140 millions d’euros depuis le début du tournage de GoT en 2010. En Croatie, c’est la ville de Dubrovnik qui sert de décor à Port-Réal (King’s Landing), la capitale du royaume. L’effet GoT est indéniable : 10% de plus de touristes et 8,7 millions d’euros de recettes.
  • L’île la plus proche du paradis », un roman écrit par Katsura Morimura, jeune écrivaine japonaise, enchantée par son séjour à Ouvéa, Nouvelle Calédonie, dans les années 70, a déclenché une vague impressionnante de touristes japonais. Beaucoup venaient dans les îles Loyauté pour leur voyage de noces.
  • Koh Lanta, l’émission de téléréalite et d’aventure de TF1, a été très bénéfique pour la Nouvelle Calédonie que TF1 a choisie en 2005 et 2010. Du même pour la Malaisie où l’émission est tournée depuis 2013.

6. Avoir un événement phare

Avoir un festival de théâtre (comme Avignon), de musique (comme Les Francofolies de La Rochelle), de yoga (comme BaliSpirit Yoga Festival à Ubud Bali), de film (comme Cannes), d’opéra… Gagner le concours des Expositions universelles et internationales comme Milan en 2015, se faire élire comme ville-capitale de la culture européenne (comme Plovdiv, la ville n°2 en Bulgarie en termes de population, élue capitale de la culture européenne en 2019), faire inscrire son patrimoine naturel ou culturel au patrimoine mondial de l’Unesco, ou encore faire figurer son pays ou sa ville dans un des nombreux indices des villes ou pays “où il fait bon vivre”.

Marketing des destinations
Ici l’affiche du Festival de la musique de Sziget, vu dans le métro parisien. Organisé mi-août pendant une semaine, il ressemble 430 000 personnes du monde entier sur l’île d’Obuda dans le Danube. C’est le plus grand festival de musique en Europe à ciel ouvert ! Budapest, est-elle en train de détrôner Berlin ?

7. Utiliser des blogueurs

Pour promouvoir la destination à travers des expériences authentiques de vrais voyageurs, une pratique qui se développe de plus en plus.

Les blogueurs travel ont même leur “festival” et une catégorie leur est dédié aux Golden Blogs Awards.

 

 

Outils mixtes B2C et B2B

1. Faire campagne grand public en y associant les professionnels

La dernière campagne d’Atout France (printemps 2017) – l’agence de développement touristique de la France – baptisée #FEEL, vise à mettre en valeur une trentaine de destinations françaises sur trois marchés stratégiques que sont l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. A eux trois, ces pays émettent la moitié des 84 millions de visiteurs internationaux vers la France. Le concept de la campagne #FEEL a été choisi à partir d’un constat : les touristes ne visitent plus la France pour la seule découverte de ses sites incontournables, mais avant tout pour l’expérimenter : goûter, voir, toucher, entendre et sentir.

Coordonnée par Atout France, la campagne associe une trentaine de professionnels du tourisme, des partenaires privés et institutionnels, dont des transporteurs, des destinations et des distributeurs (TO). Ainsi le concept se décline selon les destinations : #FeelBordeaux, #FeelCotedAzur, #FeelNormandy…, et selon les thèmes de séjours : #FeelFrenchCulture, par exemple. Le coût de la campagne : 4,6 millions d’euros. Le plan média est réparti à 50% online (display et réseaux sociaux) et 50% offline (affichage dans les gares, métros, insertions presse…).

Cette union des forces, aujourd’hui indispensable, devrait permettre aux professionnels du tourisme de défendre ensemble leurs parts de marché dans ces trois pays, dans un contexte de plus en plus concurrentiel.

 

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Faire une campagne d’envergure comme celle d’Atout France est la solution idéale : c’est une prise de parole forte dans un laps de temps court. Pour qu’elle ait un impact significatif, l’originalité des annonces est essentielle. Cela peut paraître étonnant, mais très peu des publicités travel font preuve d’imagination. Avoir des pubs créatives est pourtant un must pour se différencier. A lire à ce propos l’excellent livre de Seth Godin : La vache pourpre : Rendez votre marque, vos produits, votre entreprise remarquables !

Dans le cas de cette dernière campagne d’Atout France : vendre la Normandie sous l’angle “enfants qui construisent des chateaux en sable” et “enfants qui courent autour du Mont Saint-Michel”… est-ce un positionnement qui interpelle ? Est-ce spécifique de la Normandie ? Est-ce différenciateur ? Si la réponse est “non”, il aura fallu réfléchir davantage et oser plus. Pourquoi se cantonner toujours à des schémas conventionnels et non risqués ? Prendre la parole : oui, être trivial : non.

2. Le story-telling

On l’oublie tout le temps : présenter sa destination avec des chiffres et images banales est ENNUYEUX. Les exemples où on présentera une destination de façon fascinante, interessante, comme une histoire, manquent.

Les grandes marques FMCG l’ont bien compris, le tourisme pas.

 

3. Les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux représentent cette particularité qu’ils ne possèdent pas de frontière entre le canal B2B et le canal B2C. Il est dommage que très peu d’offices de tourisme utilisent Facebook. Les inégalités de présence sur le premier réseau social au monde sont notables. On peut observer aussi beaucoup d’incohérences dans la présentation et l’animation des pages Facebook. Certaines destinations se présentent comme « organisme gouvernemental », « entreprise locale », « informations touristiques », voire « magazine » ou « centre d’intérêt ».

Parmi les bons élèves :

  • La Hongrie avait jusqu’à 2017 une page en anglais, éditée par le Ministère du Tourisme hongrois et une autre en français, éditée, elle, par l’Office du Tourisme de Hongrie à Paris [fermé en juillet 2017]. Actuellement il n’y a qu’une page en anglais, éditée par le Ministère du Tourisme hongrois. En sept. 2017, cette page avait +282K fans.
  • ONT de la Thaïlande à un peu plus de 5000 “likes”sur sa page très animée.
  • ONT de la République Dominicaine +3000 “likes” et une page très animée.
  • Tourisme Macédoine avait une présence très dynamique lorsque la destination avait confié sa promotion en 2014-2015 à un consultant français. En un an à peine, la page avait rassemblé quelques 1200 fans. Depuis 2016, la politique touristique a été changée et le pays ne fait plus aucune action en France.

 

FB Hongrie

 

FB Hongrie

4. Les relations presse et les voyages de presse

Un outil très rentable, mais qui représente la difficulté notoire du recrutement des journalistes.

Avoir un bon attaché de presse, tenace et avec un fichier de journalistes à jour, est un pre-requis.

 

5. Les salons

Le salons peuvent être soit B2B pur (e.g. IFTM), ou B2C et B2B à la fois (e.g. SMT).

Une règle d’or ici : la destination doit être représentée non seulement par son Ministère, Conseil régional (pour les régions) ou Mairie (pour les villes), mais surtout par des opérationnels comme des tour-opérateurs et des réceptifs. Savoir motiver ces opérationnels, communiquer à temps et en amont du salon, négocier les prix avec les organisateurs des salons, c’est le rôle du Ministère du tourisme qui est souvent le commanditaire des stands pays.

A l’IFTM, par exemple, le stand de l’Office de Tourisme du Sultanat d’Oman réunissait 9 partenaires omanais : la compagnie aérienne nationale Oman Air, l’hôtel Al Nahda Resort & Spa, les réceptifs Big Bus Tours, Eihab Travels & Tours, Gulf Venture, Magic Arabia, Mark Tours, Oman Spirit-Step Travel, Travel Point LLC, Tour Oman.

Au dernier SMT (Salon Mondial du Tourisme), par exemple, la Roumanie avait 12 partenaires sur son stand.

 

Roumanie à SMT

 

Tandis que la Norvège avait trouvé un moyen astucieux pour récolter des adresses email grâce à une cabine photo
sur son stand au salon SMT.

 

La Norvege au SMT

 

 

Etre exposant à un salon représente souvent un budget important (location de l’espace, mais aussi plusieurs jours de présence, frais de déplacement et d’hébergement). Cependant l’investissement peut être très rentable si on a su mettre en place quelques actions de marketing pertinentes.

Lire notre article “Faut-il aller à IFTM, International French Travel Market ?”

 

6. La conférence en ligne ou le webinar

Un outil formidable de communication, dernier né de la technologie web, qu’un office de tourisme peut utiliser pour ses deux publics, professionnels du tourisme et voyageurs. Invitations et rappels à envoyer en push.

Les avantages :

  • atteindre son public dispersé géographiquement, sans se déplacer
  • faire des présentations vives et dynamiques
  • intéragir avec son public en temps réel, grâce au chat
  • faire des mini sondages (quick polls)
  • prix abordable
  • souplesse de la mise en place.

7. L’e-mail marketing ou la newsletter

C’est un outil indispensable pour entretenir, en push, la relation avec les professionnels et les voyageurs, potentiels ou déjà clients de la destination.

Plusieurs plateformes, payantes ou gratuites en fonction de la taille des mailing listes, permettent d’automatiser les envois et
d’avoir des statistiques.

Pourquoi envoyer des messages régulièrement par e-mailing est-il important pour la relation clients ?
A part le fait de nourrir cette relation et d’être un vecteur important de la fidélisation, l’e-mail marketing est très profitable, car d’après les statistiques :

  • Un euro dépensé rapporte 28 euros
  • Soixante pour cent des clients sont plus enclins de passer à l’achat après avoir reçu des emails.

Tout cet arsenal est bien connu, ici et là, apparaissent parfois des initiatives plus originales, des innovations. Suivant les budgets, on choisit comment être représenté sur le marché visé (office propre, DMC ou contrat avec un consultant), on pioche dans la liste des 21 outils et on mixe.

Pour les petits budgets

  • Avoir une personne sur place, qui va représenter la destination est un must. Un consultant qui aura une structure légère, souvent pas de local physique et un budget d’honoraires mensuel entre 2000 à 6000 euros en fonction du travail et la disponibilité demandée.
    La difficulté : trouver une personne compétente et de confiance.
    Les avantages : le budget et la souplesse.
  • La stratégie la moins coûteuse est tout simplement de passer par le B2B, qui agit comme un filtre influenceur de confiance.
    Les avantages : le nombre limité des contacts à activer. En France, par exemple, sur les 15 000 agents de voyages, une présélection de ceux qui sont potentiellement intéressés par la destination est de quelques centaines. Un bon fichier régulièrement mis a jour est un pré-requis de base.

 

Pour les budgets plus importants

  • Soit ouvrir un office de tourisme, qui est la solution idéale, avec un local physique qui sera la vitrine de la destination et quelques salariés. Le budget montera facilement à quelques dizaines de milliers d’euros par mois.
  • Soit se faire représenter par une structure, type DMC (Destination Management Company), qui signera un contrat à l’année.

 

Tout ce travail de marketing sert à quoi juste ? Que se passera-t-il si une destination ne fait pas son marketing, n’applique aucune stratégie de représentation, n’utilise aucun canal et aucun outil ? Cette destination court le risque sérieux de devenir une destination fantôme, peu connue du public et des professionnels. Un gâchis en somme. Tandis que même avec un petit budget intelligent, elle peut être plus attractive, donner envie et voir son activité touristique prospérer.

 

 

 

 

15 Responses

  1. Herve lyonpicurien.com Reply

    Merci pour cet article synthetique des outils a notre disposition.
    Ideal pour animer le groupe FRENCH DMC ASSOCIATION et definir un plan de comm commun…
    Parlons en a IFTM TOP RESA !

    • Albena Gadjanova Reply

      Avec plaisir Hervé.

  2. Investir dans l’immobilier à île Maurice Reply

    Avec le star system, il est évident que l’île Maurice a voulu élargir ses horizons car le pays est déjà célèbre pour ses baies, ses jardins corralliens ou encore l’interminable plage de sable blanc du Sud-est… Bref, élargir les horizons dans le tourisme, mais aussi dans l’immobilier. La star system porte effectivement ses fruits car les ventes, les locations (traditionnelles ou de longue durée) cartonnent à l’île Maurice. Merci pour cet article très pertinent.

  3. Gérald Bouillaud Reply

    Merci pour votre article plein de stratégies très innovantes. Je pense que le marketing de destination est un modèle à réinventer de nos jours. Conquérir et convaincre les clients n’est pas chose facile, mais avec tous ces outils, les acteurs du secteur vont s’en réjouir.

  4. Nicks Reply

    merci pour cet article très intéressant

  5. Lanyard personnalisé Reply

    Merci pour ces renseignements. A mon avis, la publicité reste le meilleure outil pour attirer des touristes. Récemment, j’ai vu la pub d’une grande compagnie aérienne et c’est tentant de voyager, prendre l’avion et partir loin…

    • Albena Gadjanova Reply

      Oui, bien sûr, lanyard, la publicité est un excellent outil qui permet de maîtriser totalement à la fois le contenu et la distribution. Les points faibles de la publicité est la méfiance vis-à-vis du contenu (surpromesses souvent) et son coût élevé, d’où l’intérêt des RP ou des réseaux sociaux, par exemple, beaucoup plus crédibles car impliquent l’avis des autres et plus abordables financièrement.

  6. Iddi M. Mukasi Reply

    Merci pour cette article, vraiment c`est tres important. Convaicre les clients c`est ne pas une facile, mais avec tout ces outils, ont peut y arrivee,

  7. La torre del sol Reply

    Incroyable ! Je n’ai pas lu quelque chose comme ça avant. Magnifique pour trouver de nouvelles idées ! Ce site est vraiment nécessaire dans la blogosphère.

  8. Pierre Reply

    Il est agréable de voir tout ça. Très belle sélection. Merci pour le partage 🙂

  9. Amélie Reply

    Bonjour,
    Je pense qu’il faut mettre toutes les chances de son côté. S’il y a le budget pourquoi ne pas faire de la pub sur tous les supports possibles: panneaux, tv, réseaux sociaux, blog etc. Pour les petits budgets, les réseaux sociaux sont toujours là. Mais il faut avoir une communauté vaste et faire le buzz. Il y a des centaines de pubs sur les destinations touristiques donc la concurrence est rude.

    • Albena Gadjanova Reply

      Merci, Amélie, tu as raison : bcp de concurrence. Peu d’originalité, souvent les mêmes recettes.

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